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Le fécalome correspond à une accumulation de matières fécales déshydratées dans le rectum.

Fécalome : pour comprendre

Le fécalome est plutôt une maladie de la personne âgée alitée. Elle est la conséquence d'une constipation chronique.

Constipation

La fréquence des selles varie chez l'individu standard entre trois fois par jour et trois fois par semaine selon les individus. On définit la norme à une selle par jour.

  • La constipation correspond à l'association de deux sur trois des signes suivants : effort de défécation, selles dures, sensation d'exonération incomplète, moins de deux selles par semaine.
  • La prévalence de la constipation est plus importante chez la femme que chez l'homme et augmente avec l'âge : de l'ordre de 40 % des plus de 65 ans, jusqu'à 80 % des personnes âgées vivant en institution.

Certains facteurs favorisent la survenue de la constipation :

  • immobilisation, en particulier l’inaction des muscles abdominaux qui diminue le péristaltisme intestinal ;
  • hydratation insuffisante et manque d'apport en fibres ;
  • consommation de certains médicaments comme les anticholinergiques, les morphiniques, les inhibiteurs calciques, les inhibiteurs calciques et les anti-dépresseurs ;
  • facteurs psychologiques comme le changement des habitudes de vie.

Physiopathologie du fécalome

Le fécalome complique une constipation chronique :

  • La constipation est dite chronique lorsqu'elle dure plus de 3 mois.
  • Elle peut résulter d'un trouble de la progression des matières dans le côlon : motricité colique défaillante, absorption colique défaillante ;
  • Et/ou d'un trouble de l'évacuation ano-rectale avec réflexes de défécation défaillants.
  • Dans 30 % des cas, la constipation se complique d'une impaction fécale : l'impaction fécale simple correspond à l'accumulation de matières fécales molles avec absence d'évacuation depuis plusieurs jours ; le fécalome est la forme la plus sévère d'impaction fécale, il s'agit d'un gros volume de selles dures obstruant le rectum.

Diagnostic et traitement d'un fécalome

Le fécalome nécessite dans certains cas une prise en charge hospitalière.

Diagnostic d'un fécalome

Le diagnostic de fécalome est parfois difficile car les symptômes sont souvent atypiques et trompeurs :

  • anorexie ;
  • nausée et/ou vomissements ;
  • douleurs abdominales ;
  • fausses diarrhées ;
  • subocclusion ou occlusion intestinale ;
  • agitation et/ou confusion ;
  • rétention ou incontinence urinaire ;
  • thromboses veineuses (phlébites) pelviennes ;
  • Le diagnostic du fécalome repose sur l'examen clinique avec toucher rectal, +/- associé à une radiographie abdominale sans préparation (ASP).

Le médecin recherchera systématiquement une complication grave du fécalome :

  • péritonite par perforation rectale ;
  • infarctus du côlon par compression artérielle ;
  • décompensation respiratoire par distension abdominale chez des patients fragiles.

Prise en charge et traitement d'un fécalome

L'indication à une intervention chirurgicale est rare. Elle concerne seulement les fécalomes associés à une altération de l'état général ou les fécalomes compliqués. Dans tous les autres cas, le traitement médical suffit :

  • lavement huileux (un tiers d'huile de paraffine pour deux tiers d'eau) suivi d'un lavement évacuateur type Normacol® ;
  • +/- recours à une solution de polyéthylène glycol (PEG), boire dans la journée, 8 sachets de Movicol® dans 1L d'eau ;
  • extraction au doigt prudente et délicate pour ne pas léser le sphincter anal ;
  • en cas d'échec, recours à une anesthésie générale de courte durée envisagée.

La prévention du fécalome par le traitement de la constipation est essentielle. Elle repose avant tout sur des règles hygiéno-diététiques :

  • boire au moins 1.5 L d'eau par jour ;
  • alimentation riche en fibres : légumes verts, fruits frais, pruneaux et céréales ;
  • activité physique régulière comme la marche ;
  • si possible, éviter les médicaments qui constipent ;
  • aller aux toilettes à heure régulière en privilégiant l'heure suivant le repas.

Lorsque les règles hygiéno-diététiques sont insuffisantes, le recours à des laxatifs doux doit être rapide afin d'éviter la constitution d'un fécalome :

  • suppositoires à la glycérine ou mini-lavement ;
  • laxatifs osmotiques sucrés type Duphalac® ou à bas de macrogol Forlax®, Movicol®, Transipeg®.

La constipation chronique nécessite un suivi médial régulier et éventuellement l'avis d'un gastro-entérologue.
 

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